Depuis quelques années, l’aromathérapie en général, et les huiles essentielles en particulier, prennent une place de plus en plus prépondérante dans notre vie quotidienne pour notre plaisir, notre bien-être et notre santé. On redécouvre l’usage de plantes utilisées depuis l’Antiquité.

Outre des solutions qui nous sont proposées pour stimuler nos défenses immunitaires, favoriser une détente ou encore contribuer à éliminer des petits désagréments digestifs, il y a quelques règles d’or à respecter.

Mais d’abord, qu’est-ce que l’aromathérapie ?

L’aromathérapie est une branche de la phytothérapie (grec aroma = odeur/ therapia = soin). Elle utilise les principes actifs des huiles essentielles, des essences et des hydrolats issus des plantes.

L’aromatologie est, quant à elle, la science associant les propriétés thérapeutiques des huiles essentielles (HE), des essences (ESS) et des hydrolats (HA) à leurs spécificités biochimiques.

Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

  • C’est un produit complexe issu des essences naturelles présentes dans certaines parties de la plante (feuilles, fleurs, écorce, bois, zeste, graines, baies) ou en intégralité. Une huile essentielle découle de la fraction odorante des végétaux et sont des distillats d’essences naturelles.
  • Elle peut contenir de 25 à 100 molécules biochimiques différentes d’où sa polyvalence d’action.
  • En pratique 30 gouttes = 1ml environ.

Les différentes utilisations des huiles essentielles :

Si voie cutanée : est la voie la plus utilisée avec une rapidité d’action.
– Test au pli du coude (1 goutte suffit) : est nécessaire pour vérifier l’absence de toute réaction allergique.
– Eviter les huiles essentielles dites « dermocaustiques », « irritantes » ou « photosensibilisantes ».
– Temps d’élimination d’une huile essentielle est de 5h environ.
– Le choix de l’huile végétale a son importance selon que l’on veut agir en surface (avocat) ou jusqu’à la circulation sanguine (tournesol). Le gel d’aloe vera a le double avantage d’être dermoprotecteur et réparateur, à  la fois.

Garder toujours à l’esprit que :

  • même en application locale, les huiles essentielles se diffusent dans tout l’organisme de par leur nature biochimique.
  • Les dilutions sont à respecter selon le type de troubles. Dans les troubles infectieux par exemple, la dilution de l’huile essentielle dans une huile végétale est de 30 à 50%.
  • Sauf dans des cas particuliers, les huiles essentielles ne doivent pas être utilisées pures, par voie cutanée.

Si voie orale : une grande prudence doit être observée avec surveillance d’un médecin ou aromathérapeute ! Je vous donne donc ici des généralités…
Avant ingestion, les huiles essentielles doivent être incorporées à un support liquide (sauf eau) ou solide : huile végétale alimentaire (type huile d’olive ou de noix), miel liquide (attention aux diabétiques), solution Disper ou Solubol (pour disperser les huiles essentielles dans l’eau et qui peuvent contenir pour certains de l’alcool), ou comprimé neutre absorbant. Veiller dans cette utilisation, à ce que les huiles essentielles soient non agressives pour les muqueuses, non hépatotoxiques et non neurotoxiques.
Préférer les conseils d’un thérapeute avisé.

Si voie respiratoire : quelques précautions de base sont à respecter également, comme ne pas utiliser d’huiles essentielles agressives pour la peau ou les muqueuses (comme celles contenant phénols ou cétones), attention en cas d’asthme ou allergies respiratoires, ne pas utiliser dans les pièces en présence de jeunes enfants ou d’animaux domestiques. La diffusion ne doit pas excéder plus de 10 à 15 minutes toutes les 2h (2 à 3x/j). Si ces précautions sont respectées, vous pourrez utiliser un inhalateur (ou bol d’eau chaude) ou des appareils plus sophistiqués pour diffusion atmosphérique (micro-nébulisateur, aérosol ultrasonique ou brumisateur…).

Si bain : utiliser un dispersant car les huiles essentielles ne sont pas miscibles dans l’eau. Selon la taille de la baignoire, ½ à 1 bouchon suffit ou 10 à 20 gouttes. L’action est augmentée par la surface de contact qui est grande et la température+++.

Autres notions : l’essence, l’hydrolat et l’huile végétale.

  • Une Essence est la substance aromatique naturellement sécrétée par la plante dans ses organes producteurs (op). Terme réservé aux produits extraits par expression à froid de la famille des Citrus (citron, mandarine, orange, etc…)
  • Un Hydrolat (latin hydro = eau et français lat = lait à cause de l’aspect laiteux à sa sortie de l’alambic). C’est l’autre produit obtenu lors de la fabrication d’une huile essentielle par distillation à la vapeur d’eau. Il est très riche en molécules aromatiques dites hydrosolubles (solubles dans l’eau, contrairement à l’huile essentielle qui est liposobuble et donc soluble dans une matière grasse). Attention à l’odeur qui est différente de l’huile essentielle ! L’avantage d’un hydrolat c’est qu’il est plus doux et moins concentré que les huiles essentielles.
  • Huile végétale est la substance grasse extraite à partir des graines, noix ou fruits d’une plante oléagineuse. Essentiellement composée d’acides gras et est utilisée pour diluer une huile essentielle.

Conclusion :
Les huiles essentielles sont donc des substances extrêmement puissantes tant au niveau exogène (olfaction) qu’au niveau endogène (action neurologique, endocrinienne…).

Selon leurs familles biochimiques, les huiles essentielles riches en cétones peuvent être neurotoxiques et celles riches en phénols peuvent être agressives pour la peau et les muqueuses, selon les concentrations et à haute dose.

On utilise certes, des produits issus de la nature mais ce n’est pas pour autant que cette approche thérapeutique est douce. Il est important de réaliser qu’elle n’est pas sans danger si elle est mal utilisée.

PRECAUTIONS D’USAGE : Outre les précautions d’usage ci-dessus mentionnées, je rappelle que les huiles essentielles sont totalement interdites pendant le premier trimestre de la grossesse. Elles restent fortement contre-indiquées chez la femme enceinte ou allaitante, les nourrissons et les enfants de moins de 7 ans. De même, certaines huiles essentielles présentent des propriétés dites « hormon like » (mimant l’action des hormones dans le corps) donc prudence chez les personnes souffrant de troubles endocriniens. D’autres huiles essentielles présentent des effets neurotoxiques, dermocaustiques, irritants (pas d’huile essentielle pure dans le bain mais diluer dans une base neutre ou un bain moussant), photosensibilisantes (comme les essences d’agrumes donc éviter toute exposition au soleil) ! Enfin, ne jamais appliquer d’huile essentielle (surtout pure) dans et sur les yeux, les muqueuses auriculaires, nasales et ano-génitales. En cas de projection accidentelle dans l’oeil : rincer l’oeil avec de l’huile végétale sur un coton ou autre tissu !!!

Prenez soin de vous sainplement,

Isabelle Luquet, naturopathe.

Je reste à votre écoute par mail via le formulaire contact ou en prenant un rendez-vous sur la plateforme Doctolib.

Les conseils cités dans ce texte ne sont pas destinés à l’automédication : ils sont délivrés à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis ou une prescription médicale. Ils ne sauraient se substituer aux diagnostics et ordonnances délivrés par les médecins qui sont les seuls habilités à délivrer des traitements médicaux thérapeutiques.