Les trois femmes qui ont nourri mon appétit naturopathique :

 

HILDEGARDE DE BINGEN1 (1098 – 1179)

Ou comment ce qui nourrit le corps, nourrit l’esprit. Et ce qui nourrit l’esprit, nourrit à son tour le corps.

On saluera en ce 8 mars 2018, tant sa vision holistique (globale) de notre santé que ses conseils alimentaires et autres remèdes qui sont des recettes vieilles de 800 ans !!!!

Hildegarde de Bingen est une abbesse bénédictine allemande du 12ème siècle. Elle était la cadette d’une famille composée de 10 enfants. A la fois écrivaine, musicienne et médecin, ses propos visionnaires sont en avance pour l’époque.  On lui doit de précieux conseils de santé qui nous viennent du Moyen-Age. Moins connue en France, sa renommée est confirmée  dans les pays de langue allemande.

Ce n’est qu’au XXème siècle que ses écrits et conseils sont redécouverts. En Allemagne, dans les années de l’après-guerre, c’est le docteur Hertzka qui élabora le premier une thérapie hildegardienne dans les années 1930. Ses découvertes, entre autres sur le galanga (plante pour le cœur selon Hildegarde de Bingen), a fait sa renommée internationale. Cette thérapie fut ensuite reprise par le naturopathe allemand Wighard Strehlow.

Dans son livre  « vita meritorum », outre une vision holistique du corps, elle nous apprend également que tout dysfonctionnement d’ordre psychique ou physique est porteur d’un message et que derrière chaque maladie, notre corps, notre âme et notre esprit forment un trio inséparable. Selon elle, les maladies ont pour cause un dérèglement de l’âme.

Le régime alimentaire qu’elle nous propose est basé essentiellement sur l’épeautre (non hybridé) qu’elle nous invite à ajouter à chacun de nos repas.

Ses recettes de plantes sont élaborées souvent sous forme d’élixirs (boissons) ou de poudres de plantes, parmi celles-ci, on retrouve le fenouil, le dictame blanc, l’absinthe, la lavande, l’aneth, le serpolet… Parmi les plantes et les épices, elle décrit aussi des recettes contre la tristesse, la mélancolie, qu’il est primordial d’éliminer selon elle pour se maintenir en bonne santé.

 

MARIE-ANTOINETTE MULOT2 (1919-1999)

Célèbre herboriste née en Camargue. Diplômée de la faculté de Pharmacie de Montpellier, son livre « Secrets d’une herboriste » est le testament d’une femme qui a consacré sa vie aux Plantes. A traves cette bible de 315 plantes médicinales, elle fait état de soixante années de passion et d’expériences d’abord dans son herboristerie de la région parisienne au Raincy puis dans sa boutique en Camargue, à Saint-Gilles du Gard.

” J’ai obtenu le dernier diplôme d’herboriste décerné en France m’autorisant à exercer en officine. Alors, en 1941, le gouvernement de Vichy assassina la profession pour les générations à venir, en supprimant le diplôme la même année… ” Voici ce qu’écrivait Marie-Antoinette Mulot en préfaçant son livre.

 

CATHERINE KOUSMINE 3 (1904-1992)

Ou comment « Supprimer d’abord le besoin du cancer avant de supprimer la tumeur elle-même ».

Elle est née en Russie et décède à Lausanne. Son père, industriel, ne supportait pas les rigueurs de l’hiver russe, aussi, dès 1908, la famille KOUSMINE vient tous les hivers en Suisse.

En 1928, Catherine KOUSMINE obtient son Doctorat en Médecine. Elle choisit alors une spécialité – « la Pédiatrie –  Elle perd en clientèle, deux jeunes enfants atteints de cancer  évolutif. Très émue, notamment lorsque la petite fille, défigurée par sa tumeur, lui déclare : « J’ai eu beaucoup de chance. Ma maladie m’a permis de vous rencontrer ». Elle avouera s’être échappée tant les larmes lui venaient aux yeux.

« Dans les années 40, le taux des cancéreux augmentant tellement, je me suis dit qu’il serait peut-être utile de chercher des explications différentes de celles de la Faculté ».

Avec un chimiste et un pharmacien, elle installe un laboratoire dans une cuisine inoccupée de son appartement. Pendant 17 ans, elle y élèvera des souris sur lesquelles sont greffées des tumeurs. Puis elle ira à Paris à l’Institut Curie chercher des femelles de race pure, porteuses spontanément d’un cancer du sein dans la proportion de 90 % dès l’âge de 4 mois.

A Curie, les souris sont nourries à partir d’aliments en comprimés. Par souci d’économie, le Dr KOUSMINE, fait le tour des commerçants pour ramasser pain, légumes, fruits… Les souris reçoivent ainsi un jour sur deux une nourriture en comprimés et un jour sur deux des aliments naturels.

Le taux des cancers chute de 50 % ! Intriguée de ces résultats, elle réalise qu’il y a peut-être une relation entre l’alimentation et la maladie. Mais encore faut-il le démontrer ! Pendant des années, elle testera toutes les substances qui peuvent composer nos repas.

Sans le savoir, elle entre dans le domaine de ce que l’on appelle aujourd’hui, « la médecine orthomoléculaire », médecine qui traite avec les molécules dont est composé le corps.

A lire son livre de 629 pages : « Sauvez votre corps » – Prévenir les maladies grâce à une meilleure alimentation – Editions J’ai Lu.

 

 

  • 1- (Extrait d’un article rédigé par Mélody Molins, pour le Magazine Biocontact. (Juillet-Août 2008))
  • 2 – (Secrets d’une herboriste : 315 plantes médicinales pour 115 maladies courantes – Editions du Dauphine 586 pages).
  • 3 – (Source : https://www.kousmine.fr/dr-kousmine/)